Home | Accueil | Página initial

Mémoire d’Histoires et Mémoires portugaises

Paris-Plage: présence portugaise et mariages mixtes pendant la I G M

Paris-Plage est l’ancien nom donné à la commune « du Touquet », station balnéaire luxueuse et lieu de mariage de soldats du Corps Expéditionnaire Portugais en 1918.

Un Quartier Général de Base portugais se serait installé en 1917.  

Des belles demeures (elles existent encore), parfois dans les dunes et les oyats à l’entrée de la forêt, ont hébergé en 1917 des médecins portugais et officiers de l’administration militaire. Aujourd’hui des commerces occupent l’espace, mais ces villas ont peut-être des histoires à raconter … Ce lieu est nommé « le village suisse ».

La jeune station balnéaire de Paris-Plage se développe au début du 20ème siècle, la I guerre ralentit son expansion. Certaines villas ont survécu à la 2ème guerre mondiale, dévastatrice sur le littoral. Un joyau architectural est préservé, à quelques pas des palaces et hôtels luxueux reconstruits.

Pendant la I guerre, des hôtels sont transformés en hôpitaux militaires. En absence d’hôpital portugais (les soldats portugais ne meurent pas à Paris-Plage …), les médecins s’occupent, entre autre, en vaccinant les troupes.

Le Directeur d’une école de garçons de Paris-Plage écrit en mai 1920 que différents Etats-Majors alliés se sont installés dans divers hôtels et villas, avec « peu ou pas de rapports avec la population paris-plageoise ». Seuls des avions ennemis ont survolé en 1918 la ville, en occasionnant de la frayeur. Il ne mentionne pas la présence de soldats portugais et précise qu’ « il n’y a pas eu au Touquet-Paris-Plage de noirs ni d’Hindous ».

La station est à 5 kilomètres de la gare d’ Etaples, lieu de passage obligé d’Officiers et blessés, du front portugais des Flandres (via La Gare de La Gorgue) vers le grand camp britannique d’ Etaples et sa zone sanitaire.

Aparté : plusieurs soldats portugais, morts dans les hôpitaux militaires britanniques d’Etaples ou hôpital civil de Camiers, sont enterrés au cimetière militaire britannique d’ Etaples en 1917, avant le déplacement des sépultures au cimetière national portugais de Richebourg.

A l’époque un petit tramway permet de relier Le Touquet à Etaples. Les récits de Raul de Carvalho, médecin analyste logé au Touquet, le précisent. Les forêts de pin et les barques de pêches de la baie de Canche, donnent au littoral un caractère heureux voir paradisiaque.

Pascal Soares, petit-fils de soldat du CEP, contribue au site Europeana qui centralise les collectes de documents relatifs à la grande guerre, des pays belligérants ou non. Ses connaissances concernant sa famille ont évolué depuis cette contribution, mais il dit :

« Mon grand-père se retrouve à l’arrière du front au Touquet-Paris-Plage où il semble avoir eu comme famille de guerre les tenanciers d’un café. Il séduit la fille, elle se retrouve enceinte, il l’épouse avant la fin de la guerre. Ainsi commence l’histoire de mes grands-parents paternels »

Carlos Soares, le grand-père soldat du CEP, parlait français après des études de droit faites à Coimbra. Cela lui a permis d’échanger, pendant la guerre 14-18, des cartes postales avec son frère de guerre (le frère de sa future épouse française) qui était lui soldat pour l’armée française, Chasseur à pied, en Haute-Vienne en 1917.

Pascal Soares transmet des photos et écrits qui permettent d’identifier des soldats du CEP présents sur le littoral de la Côte d’Opale :

Simão d’Andrade, infanterie n°18 et Urbano dos Anjos, infanterie n°5 (photo jointe). Les deux sont présents à Ambleteuse en novembre 1918, date d’une carte postale envoyée, en bons souvenirs de camaraderie, à Carlos Soares. (Les bulletins militaires sont consultables aux Archives historiques militaires portugaises)

Quelques extraits de bulletins militaires attestent de la présence portugaise à Le Touquet-Paris-Plage, également d’un Quartier Général de Base (QGB) en 1917 et 1919. Ceci peut expliquer le passage de soldats portugais dans cette commune du littoral, ajouté à la présence des médecins y logeant.

En 1917 Eduardo Augusto Pereira Pimenta, médecin-major chef du service de santé de base, écrit un texte paru dans l’illustration portugaise. Plusieurs cartes postales illustrent son article et permettent d’identifier les villas « résidentielles », une image est également reprise dans le livre de Carvalho et permet de conforter les informations relatives à la présence portugaise au Touquet.

Un Quartier Général de base se serait-il trouvé au Touquet-Paris-Plage en 1917 et 1919?

Le Touquet : Mariages luso-français pendant la I guerre et descendance en France.

Pourquoi luso-français plutôt que franco-portugais ? Parce que dans les actes d’état civil, les Maires et adjoints consignent toujours en 1er lieu les noms et prénoms du marié suivis de ceux de l’épouse. Les mariés sont ici de nationalité portugaise, le choix est pris de parler de mariages mixtes luso-français.

Filippe de Fonseca Guimarães épouse le 24 juillet 1918 Louise Hénin. Sa profession avant la guerre est masseur. Pendant la guerre, il est 1er caporal au 1er groupe de Compagnies de santé du CEP. Il est né à Porto en 1893, fils de Domingos et Maria da Conceição Silva. Il signe l’acte de mariage de manière lisible. Il est démobilisé à Paris-Plage en 1919 et habite la villa géranium, rue Saint-Jean.

Carlos Soares (prénom francisé Charles sur l’acte de mariage) épouse le 10 juillet 1918 Marie Germaine Debune. Avant la guerre, il est employé, 2ème sergent d’artillerie pendant la guerre. Il est né à Lisbonne en 1893, fils d’Antonio tailleur et Marie das Dores Sousa Bastos. Un contrat de mariage a été établi chez un Notaire à Etaples. Une descendance s’installe en France, dont le petit-fils Pascal, nommé par ailleurs.

Antonio Augusto Teixeira Baptista, capitaine d’artillerie du CEP, est témoin du mariage,

Herculano Avelino de Rosa Matheus, lieutenant de l’administration militaire est également témoin (il signe ainsi l’acte de mariage en lettres liées).

A noter d’autres mariages mixtes à Paris-Plage en 1918:

José Claudio de Sousa est né en 1892 à Ponta Delgada, São Miguel, île des Açores. Il est fils de négociant à Ponta Delgada. Particularité : il est soldat de l’armée britannique : « The Army Service Corps ».

Sources et lectures :

Bibliothèque La Contemporaine, récits de l’Académie de Lille en 1920.

Livre : « Quando Raul foi à Guerra », memorias de um médico português na I guerra mundial.

La Côte d’Opale en 1910, les Editions du Passe-Temps.

Journal « Ilustração portuguesa ».

Archives historiques militaires portugaises.

Archives départementales du Pas-de-Calais (AD62 – 3 E 826/4 – Le Touquet-Paris-Plage)

Photo collection Pascal Soares.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :