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Mémoire d’Histoires et Mémoires portugaises

Portugais engagés dans l’Armée française | Avant, pendant, après la I GM.

Bayonne, Bordeaux, Sailly-Saillisel (Somme), Paris, Pouilly-lès-Feurs (Loire), Mont-de-Marsan (Landes), Torteron (Cher), sans oublier Oran en Algérie,

alors colonie française où résident des Portugais, pourquoi ces villes?

Parce qu’au-delà de l’Armée portugaise du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) en France en 1917, des natifs du Portugal combattent dans l’Armée française dès 1914: les Légionnaires.

Le centenaire de la Grande Guerre en France est l’occasion de libérer les archives en ligne et de proposer de nombreux documents. Ceux qui participent aux projets collaboratifs d’indexation, savent que la démarche est instructive pour l’Histoire et la Mémoire. Par exemple, le projet «1 Jour-1 Poilu» a permis d’indexer, sur le site français Mémoire des Hommes, la base des Poilus morts pour la France. Parmi ces Poilus figurent des Portugais morts lors de la I Guerre mondiale. L’indexation généralisée des feuillets matricules militaires sur les sites des Archives départementales de France et d’Outre-Mer permettra de compléter des recherches déjà menées.

L’engagement volontaire dans l’Armée française permet d’étayer, à l’aide des matricules militaires, une présence portugaise en France fin 19ème.

Pendant la I Guerre mondiale

Sur la cinquantaine de fiches du site Mémoire des Hommes de légionnaires portugais morts pour la France, il est à noter la présence de nombreux patronymes étrangers au Portugal. Pour les Portugais, des recherches ont été diffusées avec les noms de famille suivants: RodriguesSimõesPimentaParreiraOrnelasMedeirosFrancoDe SousaDe CarvalhoDa TrindadeDa Costa LeiteDa Costa Valentin et Talone da Costa e Silva Valentin.

Quelques précisions sont apportées ici, concernant les deux derniers qui sont une seule et même personne. Les dates et lieux des naissances et décès sont identiques. L’acte de décès de Valentin da Costa, transcrit à Paris en juin 1916, mentionne les erreurs commises concernant son état civil. Il est nommé Talone da Costa e Silva, marié à une Française. Le nom de sa mère est Teixeira et non Silva.

Il y aurait 12 engagés volontaires portugais «Morts pour la France» pendant la I Guerre mondiale, information en accord avec celle donnée par le Livre d’or du Régiment de marche de la Légion étrangère, disponible sur le site Mémoire des Hommes. Plus de 50 nationalités différentes composent la Légion étrangère. La naturalisation française n’est pas obligatoire.

Le Livre d’or des légionnaires morts pour la France, disponible également sur Mémoire des Hommes, reprend 10 noms dont certains cités plus haut. Il est à noter Antonioti, Légionnaire né au Mozambique et une erreur avec Kléber Romain, sujet non portugais né à Saint Etienne, Régiment étranger néanmoins.

Un monument est inauguré le 11 novembre 2018, jour anniversaire de l’Armistice, lors des cérémonies du centenaire de la I Guerre mondiale, près du Cimetière du Père Lachaise dans le 20ème arrondissement de Paris, le long du boulevard Ménilmontant. Il est composé de nombreuses plaques commémoratives reprenant les noms des 20 arrondissements de la capitale et fait office de monument aux Morts. Plus de 90.000 noms sont écrits sur les murs.

Quatre noms d’engagés volontaires portugais dans les régiments de marche étrangers y figurent:

Talone da Costa e Silva Valentin (cité plus haut) du 5ème arrondissement, mort en 1915.

De Carvalho Raphael Xavier du 10ème arrondissement, mort en 1915, un peu avant ses 20 ans. Son matricule militaire, visible aux Archives des Pyrénées-Atlantiques, précise une citation au Journal officiel de la République française en 1922: «Brave Légionnaire tombé glorieusement pour la France le 11 octobre 1915». Inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire.

Franco Carlos du 9ème arrondissement, mort en 1916.

Medeiros Adolphe du 5ème arrondissement, mort en 1914.

L’épitaphe «Aux Morts de la Grande Guerre Paris à ses enfants» ainsi que les vers «Qui donc saura jamais que de fois j’ai pleuré ma génération sur ton trépas sacré» sont placés avant et après la liste des noms des soldats. Le texte est de Guillaume Apollinaire, né Wilhelm Albert Włodzimierz Aleksander Apolinary Kostrowicki, de nationalité russe. Un ‘symbole’ puisqu’il est naturalisé pour combattre dans l’Armée française. Il est mobilisé au 96ème Régiment d’Infanterie.

Une remarque concernant Simões Pereira José, cité plus haut. Il est né à Porto. Il est engagé volontaire, pour la durée de la guerre, le 11 janvier 1916, à Bayonne, au titre du 1er Régiment étranger, mort à 22 ans dans la Somme. Son matricule militaire visible aux Archives des Pyrénées-Atlantiques précise qu’il est inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire à titre posthume. Une citation figure au Journal Officiel de la République française en 1922: «Brave légionnaire, tombé glorieusement pour la France le 4 juillet 1916 en se portant à l’attaque de Belloy-en-Santerre».

Les engagés portugais ne sont pas tous morts au cours de la I Guerre mondiale, certains résident en France après-guerre. Suivent quelques cas de soldats engagés à Bordeaux:

De Castro Perreira e Barros. Il est engagé volontaire, pour la durée de la guerre, le 15 septembre 1915, dans la Légion étrangère. Il est libéré par annulation d’engagement en mai 1917.

Gomes Paiva Raoul est engagé volontaire en janvier 1915, dans la Légion étrangère. Il est réformé en mai 1916 pour incapacité, suite à une blessure arrivée en mai 1915 dans la Somme. Il réside à Paris en 1916, à Aubervilliers en 1937.

Pires Mendoca António est engagé volontaire en octobre 1914. Il est blessé par balle à la main gauche, à Saint Eloi, en mai 1915. Il est libéré définitivement en juin 1919, dernière résidence connue à Paris 17ème.

Ventura dos Santos (prénom?) est engagé volontaire en août 1916, dans la Légion. Déserteur en mars 1917, il est rayé des contrôles en janvier 1918, puis rayé des contrôles de la désertion et du corps d’armée en octobre 1922.

Avant la I Guerre mondiale

Rodrigues José Maria est né au Portugal (lieu?). Il réside en France dans le département du Cher où il est propriétaire terrien. Classe 1877, il est naturalisé français et inscrit au service militaire. Il est astreint aux obligations de sa classe du fait de son âge, 42 ans en 1889, libéré en 1903 du 64ème Régiment territorial d’infanterie.

Fernando Stephano est né à Lisboa. Il est boulanger lorsqu’il s’engage à Reims pour 5 ans le 9 juillet 1909, pour la Légion étrangère au 2ème Régiment étranger. Il est rapidement réformé, libéré du service militaire en 1914. Pas de précision concernant une naturalisation.

Pereira Manuel est né à Bayonne sous le nom de sa mère portugaise. De la classe 1913 au bureau de recrutement de Bayonne, il manque à l’appel en novembre 1913. Il est déclaré insoumis en février 1914. Il est radié de l’insoumission en 1949.

Rodrigues Manuel, résidant à Oran où il est marchand de lait, est naturalisé français en 1895. Au 2ème Régiment de Zouaves, il est astreint aux obligations militaires de sa classe liées à son âge, 23 ans en 1895. Maintenu dans ses foyers à la mobilisation générale, comme père de 6 enfants, il est libéré du service militaire en octobre 1919, à Oran où il réside (7 résidences différentes dont le «village nègre» en 1905).

D’Almeida José Maria est naturalisé français en 1903. Il est commis lorsqu’il est affecté au 12ème Régiment d’infanterie. Pour non-présentation, il est déclaré insoumis en janvier 1908, puis rayé de l’insoumission en août 1908. Rappelé lors de la mobilisation générale d’août 1914, il est réformé pour problème cardiaque en octobre 1914. En 1908, il réside à la Légation de France à Lisboa, en 1919 à Bordeaux.

Après la I Guerre mondiale

Lopes António, forgeron mécanicien, épouse une française en 1917. Naturalisé en 1925, il est inscrit avec la classe 1926 au 13ème Bataillon d’ouvriers d’artillerie. Il est libéré définitivement comme père de 6 enfants en juillet 1928. Il réside à Roanne dans la Loire en 1929 et 1937.

Magalhães Laurentino est engagé volontaire pour 5 ans en octobre 1919, dans la Légion étrangère. Il décède accidentellement en 1921, pas de naturalisation précisée dans le feuillet matricule.

Anselmo Estève, naturalisé en 1928, est recensé avec la classe de 1929. Il réside à Amiens en 1929 et 1936. Il est rayé des contrôles en 1940. Son matricule est très complet concernant ses services et mutations dans l’Armée.

Existe-t-il une indexation collaborative pour les Archives militaires portugaises? En France, les bénévoles sont actifs et permettent aux chercheurs d’écrire…

A noter que dans cette recherche, les noms de famille à consonance portugaise sont relevés. Lorsque les noms de natifs du Portugal sont français, les prénoms sont des indices à prendre en compte. Un prénom portugais se justifie par la nationalité portugaise de la mère… Il y en a encore des recherches à mener…

Sources:

Site du Ministère des Armées françaises: Mémoire des hommes

Site du Ministère de la Culture: Grand mémorial.

Site collaboratif de bénévoles: MémorialGenWeb.

Site Geneanet.

Mémorial 14-18 virtuel, site de la ville de Paris.

Archives nationales françaises et Archives nationales d’Outre-Mer.

Photo Agence Rol.

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