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Mémoire d’Histoires et Mémoires portugaises

Mémoire portugaise et inauguration d’une plaque aux morts portugais

Le 19 juin 1933, le Consul du Portugal à Bayonne, Luís Augusto de Aragão e Brito, écrit au Maire.

Il déclare que le peuple portugais serait heureux de voir apposer une plaque commémorative sur le Monument aux morts français.

Il rappelle que le Portugal s’est rangé aux côtés des alliés, avec un Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) de 2 Divisions, décimé le 9 avril 1918 par les Allemands sur le front anglais d’Armentières (Nord). Il rappelle aussi l’envoi d’ouvriers portugais pour l’aide à la construction du matériel de guerre.

Bayonne, historiquement ville de rassemblement des Portugais, pourrait ainsi honorer un peu de la patrie portugaise absente.

En réponse, le Maire écrit que le Conseil municipal de Bayonne y est favorable. Il envoie les indications de dimensions et de forme de la plaque, qui dans le futur sera inaugurée en présence des Autorités du Portugal. (1)

C’est en juillet 1934, que Louis Barthou, Ministre français des Affaires étrangères, inaugure cette plaque en présence des représentants des Autorités militaires et civiles, dans Bayonne pavoisée des drapeaux de 5 nationalités différentes, sous les acclamations de la foule. (2)

L’Ambassadeur et l’Attaché militaire de Pologne en France sont présents, puisque le même jour est posée une plaque en l’honneur des soldats légionnaires polonais (43ème RI, surnommés les «Bayonnais» en raison d’une instruction militaire reçue à Bayonne). Sont également présents l’Ambassadeur d’Espagne en France, les Sénateur et Préfet des Basses-Pyrénées, le Commandant Alberto Lelo Portela, Attaché militaire du Portugal à Paris, les Sous-Préfets de Bayonne et d’Oloron, les Maires de Biarritz, Hendaye, Anglet…

Le Monument aux morts de la ville de Bayonne est un long mur de pierres encastré aux remparts où sont inscrits les noms des Bayonnais morts pour la France. Deux plaques de pierre sont déjà fixées au Monument, à la mémoire des soldats volontaires espagnols et tchécoslovaques.

Un texte du Maréchal Joffre est écrit sur la plaque commémorative nouvellement inaugurée: «Aux soldats de l’armée portugaise morts pour la France. Nous les admirons et nous les pleurons comme nos enfants, puisqu’ils sont morts comme eux, à côté d’eux, avec eux».

Quelques mots concernant Louis Barthou: Grand politicien français, patriote et ouvrier de la paix après-Guerre. Au cours de la cérémonie, il est rappelé qu’un de ses fils est mort à la guerre. Du pays béarnais, il est né à Oloron-Sainte-Marie. Quelques mois après cette journée festive de mémoire et de travail pour la paix, il meurt d’une balle perdue, dans l’assassinat du Roi de Yougoslavie, à Marseille, en octobre 1934.

Aparté:

Une plaque du monument aux morts de Pau, reprend le texte du Maréchal Joffre dans son entier: «Aux soldats de l’armée portugaise morts pour la France. Nous les admirons et nous les pleurons comme nos enfants, puisqu’ils sont morts comme eux, à côté d’eux, avec eux». Elle est plus récente que celle inaugurée à Bayonne en 1934. Il manque aujourd’hui des documents écrits concernant l’histoire de cette plaque, à voir dans les délibérations du Conseil municipal de la ville de Pau? A approfondir… A noter que, sur le site français Mémoire des hommes, 28 noms portugais figurent parmi les engagés volontaires étrangers en 1939-40, recrutés au bureau de Pau. Présence portugaise également pendant la I Guerre mondiale à l’école d’aviation militaire, qui a formé les pionniers de l’aviation portugaise.

L’armée française présente quelques natifs du Portugal dans ses effectifs, des «poilus portugais». Plusieurs légionnaires recrutés au bureau de Bayonne figurent sur le site Mémoire des hommes, Morts pour la France. Parmi eux se trouvent 2 noms à consonance portugaise, De Carvalho et Simoès, tous deux d’un Régiment de marche de la Légion étrangère.

Coïncidence?

Le front portugais de 1917-18 en France est localisé dans la région de Fauquissart, Laventie (Pas-de-Calais), commune complètement détruite lors de la I Guerre mondiale et évacuée de ses habitants. Ville de ruines, en zone rouge, qui nécessite après-Guerre l’aide financière de villes marraines pour se reconstruire.

Bayonne est la ville qui adopte la commune de Laventie en 1921, aidée de la ville de Biarritz. (3)

Sources:

(1) Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, BnF Gallica

(2) Le journal l’Excelsior et L’Indépendant des Basses-Pyrénées

(3) A lire sur ‘Retours vers les Basses-Pyrénées’ et ‘Mémoire d’histoires’.

Photo Giovanni Batista Rodriguez

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