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Mémoire d’Histoires et Mémoires portugaises

D’une union libre franco-portugaise suite à la I G M, à la Résistance lors de la II G M

Ce soldat du Corps Expéditionnaire Portugais a combattu en France pendant la I Guerre mondiale, embarqué à Lisbonne en janvier 1917.

Démobilisé en France en août 1920, il y reste après avoir rencontré une Française. Cette histoire évoque l’union libre, en l’absence de mariage du couple et le fait pour leurs deux fils, de ne pas porter le nom du père portugais.

Le père : José Francisco Botas, soldat portugais du CEP.

Il est né au Portugal en 1895, à São Sebastião, Sétubal. Il est fils de Patornilha Rosa. Le bulletin militaire est disponible sur le site des Archives Historiques Militaires portugaises (AHM).

Soldat chauffeur (dans la région de Mametz, Wittes), il fait partie de la Commission Portugaise des Sépultures de Guerre (CPSG) en août 1919. Il est domicilié à Lille en mai 1920. Son travail pour la CPSG, installée à La Gorgue, lui donne l’occasion de rencontrer la femme avec laquelle il va passer le reste de sa vie en France, sans être marié. Une sépulture les réunit aujourd’hui au Cimetière communal de La Gorgue.

Le couple luso-français a une descendance dans le Nord. Le nom de famille Botas n’est pas présent en France après-Guerre, du fait de l’union libre. Il apparait dans le département du Nord dans les années 1970.

José Botas se lie avec une dame Capon, nom de famille très présent dans le Nord-Pas-de-Calais. Laurette Capon retrouve son nom de naissance après avoir divorcé en 1921 d’un dénommé Jules Caron, épousé en 1909. Elément nécessaire à la compréhension de l’état civil d’un fils, ceci est développé ci-dessous.

Le journal Le Grand Echo du Nord précise que José Botas habite rue de la Meuse, où il était mécanicien automobile en 1932. « José Botas tenait un café devant le petit cinéma de La Gorgue. Il était estimé de tous », nous partage une petite fille.

Aucune demande de naturalisation française n’a été trouvée.

Remarques: Le nombre de mariages luso-français et d’unions libres initie l’installation d’une Communauté portugaise à La Gorgue. Pour rappel, dans la section des anciens combattants, le Président José Simão, marié en 1920 à La Gorgue, devient le cousin d’ Álvaro Soares, marié à Witternesse (Pas-de-Calais).

Dans la famille Capon, deux sœurs s’unissent avec des Portugais. Laurette et José Botas, Marie-Thérèse et Jean de Moraes, mariés en 1921, cités par ailleurs.

Le fils : Joseph François Jean Caron, soldat français résistant.

Jules Caron, le 1er époux de Laurette Capon, donne son nom au fils Joseph (fils illégitime de José Botas), né à La Gorgue en 1920.

Cette situation de naissance hors mariage s’est rencontré de nombreuses fois lors de ces idylles franco-portugaises. Il n’y a pas toujours eu reconnaissance des enfants, même si la plupart des mariages après-Guerre les ont légitimés. Des luso-descendants racontent que la reconnaissance de paternité s’est faite par un autre Portugais que le père.

Joseph François Jean Caron est résistant lors de la II Guerre mondiale.

Une fiche à son nom figure sur « Mémoire des Hommes » comme « Mort pour la France » en novembre 1944, il figure sur le monument aux morts de la commune de La Gorgue.

Une petite fille du soldat portugais José Botas, M. J. Debarge, confirme ces éléments. Elle raconte que l’union de José Botas et Laurette Capon a donné 2 fils, Josef Caron (nom du 1er mari de Laurette), mort à l’hôpital de Dunkerque, et Raoul Capon (nom de la mère). « Le deuxième fils Raoul a toujours regretté de ne pas porter le nom de son père Botas», dit-elle.

L’énigme.

Elle résulte des informations confuses concernant le Résistant Joseph Caron. Celles données par la famille, avec le lieu Dunkerque, ont permis un approfondissement des recherches.

Le site « Mémoire des Hommes » propose une fiche « Mort pour la France » lors de la II Guerre mondiale. Joseph François Jean Caron y est dit mort le 9 novembre 1944, à Laon (Aisne). Né le 6 décembre 1920, à La Gorgue. Incorporé au 110ème Régiment d’infanterie.

On apprend sur un site retraçant l’histoire de la ville d’Estaires, qu’il y avait des groupes de Résistants : F.T.P. (Francs-Tireurs et Partisans), M.L.N. (Mouvement de Libération Nationale), O.C.M. (Organisation Civile et Militaire). Ces groupes avaient des ramifications à travers tout le secteur et effectuaient des sabotages, coupure de fils téléphoniques, déraillement de trains…

Un autre témoignage intéressant est donné lors de la Libération, le 5 septembre 1944, de la ville d’Estaires. Un jeune résistant du mouvement « La Voix du Nord », aide d’autres résistants F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur), dont un habitant de La Gorgue, un dénommé Capon, dit Botas (1).

Le témoignage précise que Joseph Capon (Caron en réalité) est tué dans la poche de Dunkerque, cet élément permet d’avancer… Le 110ème RI auquel appartient Joseph Caron fait partie des troupes françaises de Libération, engagées en septembre 1944 au côté des Alliés pour libérer Dunkerque des Allemands (2).

Joseph Caron est probablement mort à Loon (pour Loon-Plage, Nord) et non Laon.

Remarques : Le nom de Josef Caron apparait en 1944 dans les archives allemandes Arolsen, sans exploitation possible, du fait de l’absence de date de naissance. Par contre, une fiche de résistance au M.L.N., au nom de François (son 2ème prénom) Caron, né le 6 décembre 1920, en Résistance en août-septembre 1944, correspond à son parcours.

Reste à consulter, en Mairie de La Gorgue, l’acte de naissance en 1920 de Joseph François Caron, pour vérifier son décès inscrit en marge.

Reste à consulter, en Mairie de Loon-Plage, l’acte de décès, pour modifier l’information de la commune Laon sur le site « Mémoire des Hommes ».

Pensée du jour : « Les recherches concernant les Portugais en France, un vrai parcours du combattant… »

Sources:

(1) Estaires site officiel.

(2) Archives de Dunkerque « De Dynamo à la Libération 1940-1945 », brochure 2020.

Photo Dominique Bascour

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